5.10.10
D'autres familles nous ressemblent
Non, mais quels beaux sourires !! Et moi, je suis très heureuse que des journaux acceptent d'entendre et de publier l'histoire de ces enfants, de ces familles. Ici, l'histoire de deux fillettes qui ont une dysphasie sévère.
Parce que ça aide à faire réaliser à la population que certains enfants sont différents. Parce que ça aide beaucoup de parents à avoir le courage de continuer, de poursuivre les démarches, de garder la tête hors de l'eau dans les moments difficiles.
26.9.10
La classe Kangourou, c'est quoi?
La semaine dernière, je faisais mention de la classe Kangourou dans un de mes billets sur dysprapoule, car cette année ma poule a la chance de fréquenter ce genre de classe. J’ai eu beaucoup de questions concernant cette nouvelle approche et j’ai promis de faire un billet pour expliquer le concept, la clientèle visée, etc.
Tout d’abord, il faut savoir que l’an dernier, ma fille fréquentait une classe « ordinaire » de maternelle. Même si elle avait un accompagnement de 2 heures par jour, elle a échouée tous les objectifs exigés. Nous étions confrontés à bien peu d’options pour son futur. On nous a d’abord suggéré la classe langage, mais ma grande, malgré un trouble de langage modéré à sévère était trop forte du côté expressif pour être admise...
On nous a ensuite suggéré de lui faire reprendre sa maternelle. J’ai refusé catégoriquement cette option! Étant donné que la nature de la problématique de ma fille est neuro-développementale, elle pourrait reprendre sa maternelle 5 fois et échouer à tous les coups, en plus de compromettre sérieusement sa confiance en elle. De plus, son jeune frère commençait l’école cette année, ils auraient donc été ensemble et l’idée ne m’enchantait pas du tout.
La directrice nous a ensuite proposée la classe Kangourou. Avant de nous en parler, elle avait déjà commencé les démarches car elle jugeait notre fille une bonne candidate pour fréquenter ce groupe.
Qu’est-ce que la classe Kangourou?
Tout d’abord, le Kangourou représente bien l’image de cette classe. Pensez aux petits marsupiaux qui naissent, ils sont assez grands pour se rendre seuls dans la poche ventrale, mais ont besoin des soins de leurs mamans pour être nourris et portés jusqu’à ce qu’ils atteignent une certaine maturité.
Les petits de la classe kangourou sont semblables. Ils n’ont pas atteints la maturité nécessaire pour fréquenter une classe régulière et ont encore besoin d’un environnement très stable, sécuritaire et sécurisant pour se développer en harmonie avec eux-mêmes et les autres…
Les élèves qui fréquentent cette classe, ont une histoire développementale hors norme qui peut être marquée par des conditions diverses. Ils ont en commun une difficulté à entrer en relation et présentent tous des troubles d’apprentissages à divers degrés. Le retard global et le manque de maturité est caractéristique. Beaucoup ont des troubles associés.
Dans leurs anciennes écoles, ces élèves ont reçus les services de professionnels (orthophoniste, ergothérapeute, orthopédagogue…) et ont tous un plan d’intervention actif. Plusieurs, comme ma poule, sont en attente de précision de diagnostic. Ce sont des élèves pour qui on ne voyait aucune autre option et pour qui, il aurait nécessité un accompagnement continu dans une classe régulière.
Le profil* d’un élève type est :
- trouble d’apprentissage non spécifié
- immaturité affective
- Difficulté de gestion des émotions
- Difficulté de socialisation
- Difficulté importante d’adaptation au plan scolaire
- TDAH identifié ou en hypothèse
- Fonctions exécutives déficitaires
- Manifestation d’agressivité et d’impulsivité
- Manifestation d’anxiété
- Retard langagier ou trouble de langage diagnostiqué
- Difficulté motrices, sensorielles, perceptivo-cognitive
- Hypothèse ou trouble neurocognitifs diagnostiqués
La classe Kangourou accueille 8 élèves, d’âge 1er cycle du primaire. Il y a une enseignante (orthopédagogue de formation) et une éducatrice spécialisée à temps plein dans la classe. Il y a une psychologue et une psychoéducatrice qui sont là une journée par semaine. Voici donc ce qu’est la classe Kangourou de notre commission scolaire. J’imagine que l’approche et la clientèle peut varier un peu d’une commission scolaire à l’autre.
Si vous le voulez, dans un prochain billet, je pourrai parler d’une journée type et de l’organisation physique de ce genre de classe. J’espère que j’ai répondu à vos questions, si vous en avez d’autres, il me fera plaisir de vous répondre.
* Inspiré du document de la commission scolaire des Affluents « Classe Kangourou », Septembre 2010.
Tout d’abord, il faut savoir que l’an dernier, ma fille fréquentait une classe « ordinaire » de maternelle. Même si elle avait un accompagnement de 2 heures par jour, elle a échouée tous les objectifs exigés. Nous étions confrontés à bien peu d’options pour son futur. On nous a d’abord suggéré la classe langage, mais ma grande, malgré un trouble de langage modéré à sévère était trop forte du côté expressif pour être admise...
On nous a ensuite suggéré de lui faire reprendre sa maternelle. J’ai refusé catégoriquement cette option! Étant donné que la nature de la problématique de ma fille est neuro-développementale, elle pourrait reprendre sa maternelle 5 fois et échouer à tous les coups, en plus de compromettre sérieusement sa confiance en elle. De plus, son jeune frère commençait l’école cette année, ils auraient donc été ensemble et l’idée ne m’enchantait pas du tout.
La directrice nous a ensuite proposée la classe Kangourou. Avant de nous en parler, elle avait déjà commencé les démarches car elle jugeait notre fille une bonne candidate pour fréquenter ce groupe.
Qu’est-ce que la classe Kangourou?
Tout d’abord, le Kangourou représente bien l’image de cette classe. Pensez aux petits marsupiaux qui naissent, ils sont assez grands pour se rendre seuls dans la poche ventrale, mais ont besoin des soins de leurs mamans pour être nourris et portés jusqu’à ce qu’ils atteignent une certaine maturité.
Les petits de la classe kangourou sont semblables. Ils n’ont pas atteints la maturité nécessaire pour fréquenter une classe régulière et ont encore besoin d’un environnement très stable, sécuritaire et sécurisant pour se développer en harmonie avec eux-mêmes et les autres…
Les élèves qui fréquentent cette classe, ont une histoire développementale hors norme qui peut être marquée par des conditions diverses. Ils ont en commun une difficulté à entrer en relation et présentent tous des troubles d’apprentissages à divers degrés. Le retard global et le manque de maturité est caractéristique. Beaucoup ont des troubles associés.
Dans leurs anciennes écoles, ces élèves ont reçus les services de professionnels (orthophoniste, ergothérapeute, orthopédagogue…) et ont tous un plan d’intervention actif. Plusieurs, comme ma poule, sont en attente de précision de diagnostic. Ce sont des élèves pour qui on ne voyait aucune autre option et pour qui, il aurait nécessité un accompagnement continu dans une classe régulière.
Le profil* d’un élève type est :
- trouble d’apprentissage non spécifié
- immaturité affective
- Difficulté de gestion des émotions
- Difficulté de socialisation
- Difficulté importante d’adaptation au plan scolaire
- TDAH identifié ou en hypothèse
- Fonctions exécutives déficitaires
- Manifestation d’agressivité et d’impulsivité
- Manifestation d’anxiété
- Retard langagier ou trouble de langage diagnostiqué
- Difficulté motrices, sensorielles, perceptivo-cognitive
- Hypothèse ou trouble neurocognitifs diagnostiqués
La classe Kangourou accueille 8 élèves, d’âge 1er cycle du primaire. Il y a une enseignante (orthopédagogue de formation) et une éducatrice spécialisée à temps plein dans la classe. Il y a une psychologue et une psychoéducatrice qui sont là une journée par semaine. Voici donc ce qu’est la classe Kangourou de notre commission scolaire. J’imagine que l’approche et la clientèle peut varier un peu d’une commission scolaire à l’autre.
Si vous le voulez, dans un prochain billet, je pourrai parler d’une journée type et de l’organisation physique de ce genre de classe. J’espère que j’ai répondu à vos questions, si vous en avez d’autres, il me fera plaisir de vous répondre.
* Inspiré du document de la commission scolaire des Affluents « Classe Kangourou », Septembre 2010.
24.9.10
Apprendre à lire-trucs de maman T.E.S.
Je me souviens, dans une vie lointaine, lorsque je travaillais comme éducatrice spécialisée en classe de première année, d'un des petits garçons que j'accompagnais.
S. errait dans le système scolaire sans diagnostic. Il était en première année et toute sa maternelle avait été une catastrophe. C'est pourquoi j'étais là, en première.
Je me rappelle qu'une de ses plus grandes difficultés avait été de comprendre les syllabes.
De longues heures, lui et moi, à s'acharner sur "un m avec un a, ça fait ma". Rien à faire. Des jeux, des singeries, des répétitions, des indices, des dessins.. rien!
Est venu, la semaine passée, ce temps avec ma propre fille.
Rien à faire.. même si je faisais une pause d'un millionième de seconde entre le mmmmm et le aaaa, elle n'arrivait pas à les mettre ensemble.
Je me suis fait la réflexion qu'un parent qui n'a pas été outillé professionnellement part vraiment à zéro, lorsqu'il doit accompagner l'apprentissage scolaire de son enfant différent. Je me sens parfois démunie et pourtant, je suis T.E.S. de métier ET j'ai tout le bagage des ergo-ortho et cie derrière moi.
Voici donc quelques trucs, ajoutez-en, si vous en avez, pour faciliter l'apprentissage des syllabes.
-Ne pas nommer les lettres, ne nommer que le son de la lettre...
Pour lire ta, il faut faire ttttt aaaaa, parce que si on dit t, ça sonne "té" et devient mêlant pour la syllabe.
-Utiliser le livre "Raconte-moi les sons". Utilisé dans plusieurs écoles, c'est un MERVEILLEUX outil pour apprendre le son de chaque lettre et s'en rappeler. On peut y mettre un geste symbolique aussi, qui facilitera la reconnaissance sans dire un mot.
-Faire un train. Le wagon de la consonne veut aller rejoindre le wagon de la voyelle. Lorsque le wagon-consonne se met en route, on fait le son (mmmmmmm par exemple) sans arrêter et DÈS qu'il touche la consonne-voyelle, on dit la voyelle.
-S'assurer que l'enfant reconnaît bien les lettres, par coeur. Commencer par celles qu'il maîtrise très bien, pour ne pas qu'il ait en plus à se demander quel son fait telle lettre. Ce qui a été gagnant ici: le m avec le i.
-Lorsque l'enfant commence à comprendre l'idée de la syllabe, jouer avec les étiquettes de lettres. Faire un dé avec des consonnes et un dé avec des voyelles. Rouler les 2 dés et nommer la consonne formée.
-Trouver toutes les occasions possibles de voir des syllabes simples:
Sur la boîte de céréales en déjeûnant, un catalogue, en écrire un peu partout et les coller dans la maison et faire la chasse aux syllabes. Faire un jeu de marelle sur l'asphalte et y inscrire des syllabes plutôt que des chiffres. Se fabriquer un jeu de mémoire de syllabes.
*Apprendre ne devrait pas se faire que devant un pupitre, il faut généraliser l'apprentissage pour que l'heure des leçons s'étire, sans avoir à se battre avec un enfant fatigué de "travailler".
Bonne lecture!!
17.9.10
S'écouter parler
Depuis deux semaines, ma fille a notamment comme leçon de reconnaître des mots qui sont écrits sur de petits cartons : des mots-étiquettes.
Ce matin, à l'école, elle devait utiliser ses mots-étiquettes et les placer au bon endroit sur une feuille. Déjà, une première difficulté vient du fait que Sophie présente beaucoup de difficultés à organiser et planifier ses actions pour un travail. En plus, elle devait ajouter la maîtrise des mots écrits sur les cartons.
L'éducatrice lui a remis un espèce de téléphone, comme celui sur l'image. L'enfant peut alors dire son mot et en le disant et l'écoutant, elle accélère sa compréhension. Elle a très bien réussi l'exercice.
J'ai créé un outil "plan d'intervention" car ces types d'aides peuvent être mentionnés dans ce document. Au fil de mes expériences de maman d'enfants à besoins particuliers et d'enseignante au secondaire, j'ajouterai d'autres outils ou aides technologiques.
Ce matin, à l'école, elle devait utiliser ses mots-étiquettes et les placer au bon endroit sur une feuille. Déjà, une première difficulté vient du fait que Sophie présente beaucoup de difficultés à organiser et planifier ses actions pour un travail. En plus, elle devait ajouter la maîtrise des mots écrits sur les cartons.
L'éducatrice lui a remis un espèce de téléphone, comme celui sur l'image. L'enfant peut alors dire son mot et en le disant et l'écoutant, elle accélère sa compréhension. Elle a très bien réussi l'exercice.
J'ai créé un outil "plan d'intervention" car ces types d'aides peuvent être mentionnés dans ce document. Au fil de mes expériences de maman d'enfants à besoins particuliers et d'enseignante au secondaire, j'ajouterai d'autres outils ou aides technologiques.
S'abonner à :
Messages (Atom)

